612 000 bilans pour 21 millions d'éligibles
Le dispositif a été généralisé en 2024 sur quatre tranches d'âge : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans. Un bilan par tranche, pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais. Le tarif de l'entretien est fixé à 30 € en métropole et 31,50 € dans les départements et régions d'outre-mer.
Au 30 juin 2026, plus de 612 000 bilans avaient été réalisés auprès d'un médecin, d'un infirmier, d'un pharmacien ou d'une sage-femme. Les premiers travaux fondés sur le Système national des données de santé en recensaient 168 000 sur les dix-huit premiers mois. La montée en charge est réelle.
Taux de recours cumulé au dispositif Mon Bilan Prévention depuis sa généralisation, deux ans après son ouverture à l'ensemble du territoire.
L'élargissement des effecteurs traite une question d'offre
L'arrêté du 28 juillet 2026 ouvre le dispositif aux masseurs-kinésithérapeutes à compter d'octobre. Ils rejoignent les médecins, les infirmiers, les pharmaciens et les sages-femmes. L'argument du ministère porte sur le maillage territorial et sur l'expertise de la profession en activité physique, en prévention de la perte d'autonomie et en santé musculo-squelettique.
Le mouvement a déjà produit ses effets une première fois. Depuis l'automne 2025, les pharmaciens sont devenus les principaux effecteurs du dispositif. Chaque élargissement ajoute des points d'entrée. Aucun ne modifie la raison pour laquelle une personne éligible ne prend pas rendez-vous.
Le non-recours se joue avant la consultation
Les analyses issues du SNDS documentent des disparités territoriales et sociales, avec une participation plus marquée des femmes. C'est le profil de tous les dispositifs de prévention ouverts : ils sont saisis en priorité par les publics déjà suivis.
Ce qui manque relève de la coordination
Un rendez-vous unique par tranche d'âge produit des recommandations. Il produit un changement de trajectoire à la condition que quelqu'un assure la continuité entre l'invitation, la préparation, la consultation et les actes qui doivent suivre.
France Care a digitalisé les quatre auto-questionnaires officiels et les intègre à un parcours accompagné : repérage des personnes éligibles au sein d'une population couverte, préparation du bilan, prise de rendez-vous auprès d'un effecteur disponible, reprise du plan personnalisé dans la durée. Le bilan s'inscrit alors dans un parcours suivi.
Ce qu'il faudra regarder
Trois indicateurs diront si l'élargissement d'octobre produit autre chose qu'un déplacement d'activité entre professions : le taux de recours par tranche d'âge, l'écart de recours entre déciles de niveau de vie et la part des plans personnalisés suivis d'un acte de dépistage ou de vaccination. Les deux premiers sont accessibles dans le SNDS. Le troisième ne l'est pas encore.
Les quatre auto-questionnaires officiels, digitalisés et intégrés à un parcours accompagné.


